dimanche 4 mars 2012

Gainsbourg, dans tes rêves


J'ai beaucoup de retard. Enfin toujours est-il que j'ai fini par le voir, ce fameux film de Sfar sur Gainsbourg. Un événement, inloupable. Je ne sais toujours pas pourquoi il l'a appelé "Vie héroïque", moi j'aurais préféré "Vie onirique". Parce qu'on n'est pas tant dans la vie que dans la tête de l'homme à tête de chou. On en apprend moins sur sa chronologie et les détails réels de sa vie en vrai que sur ce qui a peuplé son imaginaire, ces coïncidences étranges, ces éléments apparemment anodins qui l'ont suivi toute sa vie, qui ont nourri son oeuvre. D'ailleurs, comme ses muses sont présentes - elles m'ont semblé lointaines -, Gainsbarre a lui aussi un personnage rien qu'à lui. Un double présent très tôt, pour lui permettre de tenir bon, entre ce qui lui avait été inculqué, et ce qui lui venait naturellement, du fond de l'inconscient. Une bataille entre la morale bourgeoise et l'idéal anarcho-liberto-artistique, voilà ce qu'a été la vie, héroïque convenons-en, de Serge Ginzburger. On savait déjà à peu près tout sur lui, mais pas présenté ainsi, pas par le prisme d'un fan surdoué dans le monde des images.
Finalement cet article arrive à point nommé puisque la grande série des hommages va commencer bientôt. Après les césars, où le film de Sfar a été récompensé sur des qualités techniques, après la seconde partie de soirée sur Arte, avant-hier, où Jane Birkin ressortait ses photos et films de famille datant des douze ans qu'elle a passés avec lui, il y aura demain la journée spéciale sur France Inter. Et puis tout le reste.
J'ai gardé la Une de Libé (tiens, Libé qui accueille aujourd'hui-même son nouveau directeur en la personne de mon chouchou Nicolas Demorand) où Gainsbourg posait, en noir et blanc avec son éternelle clope, beau. Oui, il est beau sur cette Une. Vraiment.
En finira-t-on jamais de ressasser et de s'émerveiller ? De trouver des inédits, des trucs enregistrés dans des conditions pourries mais qu'on va nettoyer à mort pour les vendre à prix d'or ? Quelle postérité aurait-il souhaité, le Gainsbarre ? Quelque chose me dit qu'il serait pas mal fier de sa fille, Charlotte. Discrète, talentueuse, poolyvalente, tantôt effacée tantôt incandescente selon les rôles, elle chante bien et sait s'entourer. Elle est apaisée. Elle n'a pas, elle, de personnage au côté obscur qui la suit partout. Je ne crois pas. C'est ailleurs qu'elle va puiser son inspiration, son carburant.
Ah oui et tenez, quel hasard, on a même retrouvé la bande où Gainsbourg chante Comme un boomerang. Si ce n'est pas une belle coïncidence, ça...

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