dimanche 4 mars 2012

La possibilité de lire Houellebecq


Comment ai-je pu passer au travers durant toutes ces années ? Alors qu'il a toujours occupé une bonne place dans les magazines que je lis habituellement ? Pourtant, c'est un fait : je n'ai jamais lu Houellebecq. J'ai écouté des heures d'émissions de radio à son propos, lu des entretiens dont rien ne m'est resté, je l'ai même vu à la télé, avec ses fringues sorties du néant, son absence d'allure et sa mine désopilante. Sa manière de prononcer les "ch" m'a marquée, sa raie sur le côté aussi. Alors ce serait vraiment lui qui provoquerait autant de violentes controverses, qui parlerait de l'Islam comme de la pire religion au monde, qui prendrait pour thème le tourisme sexuel ? Hum... Je dois être vraiment une victime des médias - et pour cause - mais depuis hier où le monde entier attendait de savoir si l'académie Goncourt allait enfin lui accorder le prix presque ultime, et bien je me suis mise à l'aimer bien, ce triste sire. A me dire qu'avant d'être un soi-disant islamophobe ou adepte des galipettes tarifées et exotiques, bah c'est un auteur, et c'est bien cela qu'on lui demande. Il s'amusait presque - pour autant que Michel Houellebecq puisse littéralement "s'amuser" - de voir cette agitation, cette fourmillière absolument inédite de journalistes éructants autour de lui ! Il a répondu aux questions en ponctuant ses phrases de blancs infinis, ce qui est absolument interdit partout ailleurs et donc intéressant. Il est apparu comme ce qu'il a probablement toujours été, un looser magnifique. C'était presque transgressif de dire qu'on lisait Houellebecq, pire encore qu'on l'aimait. Je pense que le vent tourne, puisque 1. il vient d'avoir le Goncourt et 2. moi-même, première victime souvent consentante, je suis très curieuse de lui désormais.
Bon il faudra tout d'abord que je finisse Un Monde sans fin, plongée au coeur des aventures médiévales complètes (archi, vie quotidienne, religion, sexe, bouffe, etc.) de Ken Follett avant d'embrayer dare-dare sur Just Kids de Patti Smith la ténébreuse... qu'on m'a prêté. Il y aura aussi ensuite un bouquin sur le vol de la Joconde au Louvre en 1911, écrit par un monsieur délicieux que j'ai déjà rencontré. Il a fait déposer son livre sur mon bureau dans une enveloppe kraft avec, comble d'élégance, sa carte joliment illustrée et une dédicace personnelle. J'adore ! C'est bon comme un macaron à la pistache, ce genre de petite attention qui fait se sentir important, et peut-être, un peu maillon de cette grande et fausse famille des artistes, des apparences, de la com'... Comme je suis cynique. J'ai authentiquement adoré trouver ce livre sur mon bureau. Voilà tout.

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