J'aime les losers magnifiques. C'est peut-être désobligeant de parler ainsi du personnage qu'Etienne Saglio a inventé pour incarner son imaginaire. Il a fait les poubelles, et son esprit a fait le reste. Le grand pardessus noir, les tuyaux, les boules en ferraille, tout ça. C'est sombre mais c'est drôle, c'est désopilant mais c'est flippant, c'est à partir de 9 ans mais c'est pour les grands, c'est sans parole mais ça raconte plein de choses ! A commencer par le titre : Le Soir des monstres... C'est beau et effrayant. Et le double sens est saisissant : il a réalisé son spectacle à base de matériaux de récupération, notamment des encombrants, qu'on appelle aussi "monstres". On a tous entendu ça à la maison : "Sors la vieille télé/le vieux matelas/le meuble défoncé, c'est... le soir des monstres !"
La salle a bien réagi, avec tous les enfants qui étaient là. Ils ont eu moins peur que moi, qui me suis surprise à avoir la chair de poule par moments, quand eux riaient sans cesse à gorge déployée.
Le truc qui me fait dire qu'Etienne Saglio est un grand, c'est que même lorsqu'un fil scintille, révélant un "truc", on y croit quand même ! Un beau spectacle, pour l'enfant et le grand en nous, vécu sans quitter la main de M. Caouic dans la mienne !
Le lendemain, Potiche au cinéma du coin avec Miss Ck. On a bien rigolé, les acteurs sont vraiment grands et j'ai vraiment apprécié de replonger dans l'ambiance des seventies, très soignée avec les décors, papiers peints, meubles, tabliers, vaisselle, coiffures, fringues, voitures, etc. Ce n'est certes pas le plus beau film de François Ozon dont je suis quand même très fan - pour moi, il n'y a rien au dessus de Swimming Pool - mais on sent tellement qu'il s'est fait un gros plaisir communicatif, qu'on le goûte, on s'en délecte, de ce film, et on quitte la salle obscure réjoui.
C'est presque cathartique de voir, de sentir Catherine Deneuve s'émanciper et prendre sa rechanche sur tous les fâcheux qui l'écrasaient et l'humiliaient. Et puis après le mitan du film - on est tour de même chez Ozon - on s'ébahit de découvrir l'autre face des personnages, leurs secrets, leur véritable caractère... Qu'y a-t-il sous les apparences ? Où est vraiment la vérité ? C'est souvent, je crois, la clé des films d'Ozon. Qui sait parler à notre coeur et notre cerveau.
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