dimanche 4 mars 2012

Un Disney pas si classique


Je ne sais pas si c'est à cause des fêtes, de la fin d'année, mais j'ai un tout petit peu envie de régresser parfois. L'autre jour par exemple, au lieu d'un drame haletant, on a préféré aller voir Princesse Raiponce, au cinéma, avec Monsieur Caouic. Evidemment les passages chantés sont toujours aussi débiles et plaqués, chiants et encore d'autres qualificatifs du même acabit. Mais c'est aussi rigolo, évidemment, et puis comme on est devant un Disney, on laisse de côté notre propension au snobisme et on rit de bon coeur, au premier degré. C'est facile, de rire devant un Disney.
Mais celui-là, justement, il m'a semblé donner un peu plus de grain à moudre. A savoir : une belle princesse adorée de ses royaux parents et dépositaire d'un don magique est enlevée par une méchantefemme qui, pour profiter seule de son pouvoir, l'enferme tout en haut d'une gigantesque tour dont elle ne sort jamais. En lui faisant croire qu'elle est sa mère. Forcément, notre intrigue prend place lorsque la jeune fille approche des 18 ans et présente de plus en plus de velléités de sortir de son donjon pour aller découvrir le monde qui lui est absolument inconnu. Elle ose, grâce à un charmant jeune homme très sûr de lui qui lui donne l'occasion de braver l'interdit. Je pèse chacun de mes mots dans cette phrase et j'avoue qu'évidemment j'ai vu dans cette histoire plein de seconds degrés.J'ai aimé comment Raiponce rêve le monde, frustrée dans sa cage dorée, comment elle canalise cette frustration par mille occupations solitaires (quoique... il y a le caméléon, petit personnage muet et attachant obligatoire), j'ai aimé sa beauté mâtinée de maladresse, j'ai aimé son envie allant sensiblement crescendo de partir, j'ai aimé sa peur de l'inconnu qui débarque chez elle, son moyen de s'en défendre parfaitement (poêle à frire, séquestration musclée, interrogatoire, etc.) et sa terreur qui s'amoindrit jusqu'à devenir moins prégnante que son envie de découverte. Et puis ce don incroyable qui laisse son compagnon coi : sa chevelure interminable et magique... Et pourtant (ATTENTION SPOILER), c'est lui-même qui la lui coupe (!) pour lui permettre d'être enfin ordinaire et de profiter d'une existence paisible  et heureuse, libérée de sa particularité finalement pesante.
Jeunes filles, écoutez votre mère, mais pas trop. Sachez vous affranchir de ses recommandations pour vous construire votre propre expérience, à condition que vous vous sentiez prête, que le désir soit plus fort que la peur ! Prenez le pouvoir : vous en avez toutes les armes...

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