dimanche 4 mars 2012

Petit Déjeuner orageux un soir de carnaval


Le premier quart d'heure est pour le moins déroutant. Simulacre de pièce de théâtre avec un drame surjoué, sans parole et avec des acteurs masqués comme pour un carnaval d'enfants. Et puis le titre du spectacle (tellement improbable qu'il m'a évité de trouver un titre pour ce post) prend tout son sens : Petit Déjeuner orageux un soir de carnaval. On dirait un cadavre exquis, mais cela ne nous rassure pas pour autant. Que va-t-il se passer ? Est-ce que cela va enfin commencer vraiment ?
Et puis les masques tombent et les acteurs se présentent comme tels, ils attendent la livraison d'un colis pour faire leur spectacle, guidés par une mystérieuse voix sur une antique cassette audio. Ils n'hésitent pas à faire intervenir le personnel de la salle de spectacle et les spectateurs eux-mêmes. Après tout, on est tous dans le même bateau, tous là pour passer une bonne soirée et tous, proposent-ils, dans l'attente de ce que pourra être le spectacle. 
Alors ça commence pour de vrai, tout doucement. Surprises, coups de... théâtre, et grosses rigolades. Et puis, comme s'immiscant entre les lignes puis énoncé clairement, cette posture, cette question : on a eu connaissance de la pièce, on a eu envie de venir la voir, on a pris ses places et dépensé de l'argent pour ce faire, on a organisé sa soirée, peut-être décommandé quelqu'un ou fait garder les enfants, et puis nous voilà, tous dans cette salle comble, à déposer sur les frêles épaules de ces deux comédiens tout le poids de nos attentes.
Mais aussi, plus basiquement, nous sommes tous sensibles au jeu de l'un des deux comédiens qui, vraisemblablement persécuté par son acolyte, se voit distribués les plus mauvais rôles : celui de l'arbre (!) témoin d'une scène romantique, de Rossinante le cheval de Don Quichotte ou, presque plus drôle encore, un enchaînement de jeu qui le conduit à piquer une crise de folie au milieu d'un monceau de papiers et dans le plus simple appareil. Comment en arrive-t-il là ? Il faut le voir, le vivre, le voir se dérouler sous nos yeux. Et là, vraiment, on se dit chapeau.

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